Visto da Dakar. In Senegal, una presidenziale senza precedenti e dal vivo

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Près de 7 millions de Sénégalais sont appelés aux urnes ce dimanche 24 février pour élire leur président. Le chef d’État sortant, Macky Sall, espère se faire réélire dès le premier tour, face à une concurrence inhabituellement dégarnie, raconte la presse sénégalaise.

“Cette élection-ci est essentielle. Elle marque déjà un tournant majeur dans l’histoire politique de notre pays.” Comme le précise le quotidien dakarois Enquête, cette élection présidentielle au Sénégal – qui a connu deux alternances, en 2000 et en 2012, et aucun coup d’État dans son histoire –, revêt un caractère inédit.

La principale raison ? Les deux grandes formations politiques historiques sénégalaises – le Parti socialiste, fondé par le premier président du pays, Léopold Sédar Senghor (1960-1980), et le Parti démocratique sénégalais de l’ex-chef d’État Abdoulaye Wade (2000-2012) – ne présentent aucun candidat.

Deux poids lourds hors jeu

L’opposition dénonce ainsi l’invalidation de deux candidatures de poids : celle de Karim Wade, fils d’Abdoulaye Wade, et celle du maire déchu de Dakar, Khalifa Sall, dissident du Parti socialiste (PS), tous deux frappés par des condamnations judiciaires.
En raison également d’un nouveau système de parrainages restrictif, le président sortant Macky Sall fera face à quatre challengers seulement, tous des hommes.

Il y a donc comme un parfum de nouveauté, une forte senteur d’aurore, une recomposition politique profonde qui est en train de produire ses effets, sans avoir besoin d’être constatée comme telle”, insiste le journal.

Autre nouveauté : hormis l’ex-Premier ministre Idrissa Seck et le sortant Macky Sall, les autres candidats (Issa Sall, Madické Niang et Ousmane Sonko) se présentent pour la première fois. À 44 ans, Ousmane Sonko est la révélation de la campagne électorale et pourrait bien créer la surprise ce dimanche. Son jeune âge, son discours novateur et ses positions contre le franc CFA ont largement contribué à son émergence sur la scène politique.

Vers l’“émergence” ?

Durant la campagne, les candidats ont fait de l’économie et de la gouvernance leur cheval de bataille pour l’amélioration du quotidien des Sénégalais. “Les candidats de l’opposition ont soulevé des carences du régime sortant”, racconta Enquête :

Au cœur des offres économiques des candidats de l’opposition, se trouve l’industrialisation comme moyen de produire des richesses et d’absorber la main-d’œuvre majoritairement constituée de jeunes.”

Si le président Macky Sall a vanté la forte croissance et le développement des infrastructures dans le pays, qui serait selon lui sur la “voie de l’émergence”, ses adversaires dénoncent un endettement croissant et des indicateurs économiques en trompe-l’œil.

Une vingtaine de morts

Réputé pour sa stabilité politique, le Sénégal a malgré tout été le théâtre de violences pendant la campagne électorale. Une vingtaine de morts est à déplorer dans des affrontements opposant les militants des différents compétiteurs, d’après journal Walf Quotidien, qui affiche son décompte en une du vendredi 22 février :

Le bilan est macabre. 22 morts et 33 arrestations enregistrées. Il y a eu plus de pertes en vies humaines que lors de [la présidentielle] en 2012.”

Abdoulaye Wade, défait par Macky Sall en 2012, a également perturbé la campagne en appelant les votants à brûler leur carte d’électeur, et à empêcher la tenue du scrutin. Il est revenu depuis à de meilleurs sentiments, et a annoncé qu’il se contenterait de boycotter les urnes, explique le portail d’actualités du Sénégal Leral. L’ex-président craint l’organisation d’un hold-up électoral en faveur du chef d’État sortant.

Sidy Yansané

Questo articolo è apparso per primo https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/vu-de-dakar-au-senegal-une-presidentielle-inedite-et-sous-tension