Nonostante la soddisfacente crescita economica, l'Africa continua a creare così pochi posti di lavoro: alcune cifre eloquenti

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(Ecofin Hebdo) – Au Ghana, ces dernières années, pendant que la croissance s’affichait à 2 chiffres, le chômage augmentait de 12%. Le continent africain a produit, durant la dernière décennie, des statistiques de croissances parmi les plus fortes du monde, sans grand impact, hélas, sur l’emploi.

in World Employement and Social Outlook – Trends 2019, l’Organisation internationale du travail (OIT) dresse un bilan de l’emploi sur le continent africain. D’après l’étude, l’Afrique compte 764 millions de personnes en âge de travailler, soit 59% de sa population totale.

Le rapport indique également que 63% de cette population participe au marché de l’emploi, dont seulement 4,3% est formellement au chômage.

Cependant, l’OIT indique que ces chiffres, loin de refléter un bon fonctionnement du marché du travail, cachent une réalité bien plus sombre. La majeure partie des africains en âge de travailler, est employée par le secteur informel caractérisé par des emplois de mauvaise qualité. « Une proportion non négligeable de la population active travaille donc dans des conditions caractérisées par l’insécurité, les bas salaires et l’absence de protection sociale, c’est-à-dire dans des activités telles que le travail pour compte propre et l’emploi familial, qui représentent ensemble environ 68 % de l’emploi total dans la région » indica il rapporto.

« Les activités telles que le travail pour compte propre et l’emploi familial représentent ensemble environ 68 % de l’emploi total dans la région. »

En moyenne, 86% des emplois en Afrique sont dans le secteur informel. Cela est dû au fait que le modèle de croissance africaine actuel continue de reposer essentiellement sur les secteurs traditionnels à faible productivité, l’exportation de produits de base et les dépenses publiques. L’absence de systèmes de sécurité sociale performants sur le continent contribue également à exacerber cette situation.

Au Ghana, par exemple, la croissance de ces dernières années a été assez soutenue grâce aux exportations de matières premières agricoles et d’hydrocarbures (14% en 2011, 9,3% en 2012 et 8,4% en 2017). Pourtant cette croissance n’a pas empêché le taux de chômage de grimper à 11,9% d’après les chiffres du Ghana Labour Force Survey, publié en 2017. Selon le même document, plus de 90% des Ghanéens ayant un emploi travaillent dans le secteur informel.

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En Afrique subsaharienne, les salariés ne représentent que 22,4 % de l’emploi total.

A défaut de disposer d’emplois de qualité, la plupart des Africains, (surtout ceux au sud du Sahara) en âge de travailler préfèrent donc se tourner vers des emplois à risque et mal payés.

Le modèle de croissance africaine actuel continue de reposer essentiellement sur les secteurs traditionnels à faible productivité, l’exportation de produits de base et les dépenses publiques.

« Les taux d’informalité dans la sous-région sont élevés, en partie parce que l’économie informelle sert de tampon en fournissant des emplois de dernier recours à de nombreuses personnes en âge de travailler qui sont confrontées à la nécessité économique de faire un travail pour satisfaire leurs besoins fondamentaux et ceux de leur famille » souligne l’OIT.

Sur le continent, les salariés sont encore minoritaires, représentant moins d’un travailleur sur trois (28%) de l’emploi total. Cette proportion est toutefois considérablement plus élevée en Afrique du Nord (68,6 %) qu’en Afrique subsaharienne (22,4 %).

Une faible productivité

Le modèle de la croissance économique africaine, affaiblit également la productivité de sa force de travail. D’après l’OIT, la productivité de la main d’œuvre africaine n’a crû que de 1% sur le continent en 2018, un taux bien en dessous de la moyenne mondiale de 3,1%. D’un point de vue régional, c’est l’Afrique subsaharienne qui affiche le plus faible taux avec 0,6 % contre 2,5 % en Afrique du Nord. Le manque de diversification des économies fortement dépendantes du secteur primaire, contribue à accentuer ce phénomène.

Dans la sous-région, l’agriculture comptait encore pour 55% des emplois créés en 2018, et pour près de la moitié des emplois créés entre 2000 et 2018. Bien que la croissance de la production par travailleur devrait redevenir positive après deux années consécutives de recul, elle devrait rester plutôt en dessous des normes internationales. En effet, la croissance annuelle de la productivité du travail en Afrique subsaharienne devrait s’établir en moyenne à 1 % sur la période 2018-2021, contre 2,5 % au niveau mondial. Cela contraste avec les chiffres de la croissance élevée prévue pour la région qui se situent à 3,5% en 2019 et 3,6% en 2020 selon le FMI.

La croissance annuelle de la productivité du travail en Afrique subsaharienne devrait s’établir en moyenne à 1 % sur la période 2018-2021, contre 2,5 % au niveau mondial.

Cette situation reflète d’ailleurs la difficulté des économies de la région à assurer une transition structurelle vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée. Pourtant ceux-ci pourraient contribuer à réduire l’informalité et, plus généralement, le déficit d’emplois de qualité.

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En moyenne, 86% des emplois en Afrique sont dans le secteur informel.

Par exemple, seulement 6% de tous les emplois créés entre 2000 et 2018 étaient dans le secteur manufacturier, qui ne représente aujourd’hui que 6,2 % de l’emploi total en Afrique subsaharienne.

Accroissement de la pauvreté

Avec la hausse des emplois du secteur informel, accentuée par la difficulté de l’activité économique à absorber la force de travail, le taux de pauvreté pourrait s’accroître sur le continent. Et encore une fois la région subsaharienne est celle qui reflète le mieux cette situation.

D’après l’OIT, plus de la moitié de la population active de la sous-région était constituée de travailleurs indépendants en 2018 alors que 23 % étaient des employés familiaux. Ces deux formes d’emploi ne se caractérisent pas seulement par une faible rémunération, mais aussi par un lien étroit avec l’informalité.

« Les travailleurs familiaux sont informels par définition statistique, alors que 86,1 % des travailleurs pour compte propre dans le monde sont informels » indique l’institution.

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Cette situation reflète d’ailleurs la difficulté des économies de la région à assurer une transition structurelle vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée.

Même si on constate une forte croissance de l’emploi dans un éventail d’industries de services marchands, l’OIT indique qu’il est peu probable que cela réduise le déficit d’emplois de qualité pour la majorité de la population. La croissance de l’emploi dans les services marchands a été concentrée dans les activités caractérisées par une faible productivité, un taux d’informalité élevé et de mauvaises conditions de travail. Ainsi, plus de 84 % des personnes employées dans le secteur de l’hébergement et de la restauration en Afrique subsaharienne sont des travailleurs informels. Cette part passe à plus de 87 % dans les secteurs des transports, et des communications ainsi que dans le commerce de gros et de détail et les activités de réparation.

Plus de 84 % des personnes employées dans le secteur de l’hébergement et de la restauration en Afrique subsaharienne sont des travailleurs informels.

Cette faible croissance de la productivité du continent, couplée à l’expansion rapide de la population, contribuent à maintenir les taux de pauvreté de l’Afrique subsaharienne à des niveaux élevés. 37% des travailleurs de la sous-région vivent dans l’extrême pauvreté tandis que 24,4% vivent dans une situation de pauvreté modérée. Entre 2018 et 2020 le nombre total de travailleurs vivant dans une pauvreté extrême ou modérée devrait augmenter de 10 millions.

« Sans changement structurel significatif, la plupart des emplois créés le seront probablement dans le secteur informel, où la productivité et les salaires sont bas et le travail précaire, rendant l’objectif d’éradication de l’extrême pauvreté d’ici à 2030 difficile à atteindre », indique la BAD dans son rapport sur les perspectives économiques 2019 pour l’Afrique. 18 des 20 pays où l’incidence de la pauvreté extrême et modérée des travailleurs est la plus élevée au monde, sont situés en Afrique subsaharienne.

Moutiou Adjibi Nourou

Moutiou Adjibi

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